Avez-vous un jour réalisé que les mêmes quatre mots que Notre
Seigneur utilisa pour sauver le monde sont aussi utilisés aujourd'hui par
certains pour promouvoir l'avortement? "Ceci est mon corps". Ces mêmes,
simples mots sont prononcés en des points opposés avec des sens qui se
contredisent directement.
L'Ecriture nous dit que, la nuit qui précéda sa mort pour le
salut de tous les hommes, le Seigneur prit du pain, le bénit, le rompit et le
donna à ses disciples en disant: "Ceci est mon corps, qui est donné pour
vous". Il désignait ainsi ce qui allait arriver le jour suivant, lorsqu'Il
livrerait ce même corps sur la croix. Il se sacrifie pour que nous puissions
vivre. Il donne Son Corps afin de pouvoir détruire l'emprise du péché et de la
mort. Le résultat est qu'Il nous accueille dans Sa Vie, dans Son Royaume. Il
nous fait membres de Son corps!
De l'autre côté, le partisan de l'avortement dit: "Ceci est
mon corps. Donc, ne venez pas y voir! Il est mien, et je peux de ce fait en
faire ce que je veux, jusqu'au point de tuer la vie qui est en lui. Ceci résulte
de ma souveraineté sur mon corps". En fait, un partisan de l'avortement a écrit,
à propos des "pro-vie": "Je dis que leur Dieu ne vaut rien, comparé à mon
corps"(Michelle Goldberg;"Déclamations pro-choice" (Ran for Choice)
journal des étudiants de l'Université de Buffalo, 1995).
"Ceci est mon Corps". Les mêmes mots, avec des
résultats opposés. Le Christ livre Son corps afin que d'autres puissent vivre;
les partisans de l'avortement s'attachent à leur corps en sorte que d'autres
meurent. En donnant son Corps, le Christ enseigne ce que veut dire l'amour: je
me sacrifie pour le bien de l'autre. L'avortement enseigne l'opposé de l'amour:
je sacrifie l'autre pour mon propre bien!
"Ceci est mon corps". Si, vraiment, nos corps nous
appartiennent, alors posons-nous la question suivante: pourquoi? La réponse est
qu'il en est ainsi pour que nous puissions donner nos corps, nos vies,
nous-mêmes par amour de l'autre et de Dieu. Le Christ déclare: "Faites ceci en
mémoire de moi". Il nous appelle à faire ce qu'Il a fait, et c'est exactement
ainsi que nous renversons la dynamique de l'avortement. La mère et le père
doivent dire à leur enfant: "Ceci est mon corps, ma vie, donné pour toi"
plutôt que: "Ceci est mon corps, ma vie, alors va-t-en!".
Le bonheur humain et la plénitude ne se trouvent jamais en
jetant les autres hors de son chemin. Ils se trouvent lorsque nous laissons
passer les autres, Le Pape Jean Paul II le dit bien dans "L'Evangile de la
vie":
« Lui qui n'était pas "venu pour être servi, mais pour
servir et donner sa vie en rançon pour une multitude"(Mc 10:45), atteint
sur la Croix le sommet de l'amour: "Nul n'a plus grand amour que celui-ci:
donner sa vie pour ses amis"(Jn 15,13). Et lui-même est mort pour nous
alors que nous étions encore pécheurs (cf.Rm 5,8).
De cette façon, il proclame que la vie atteint son
centre, son sens et sa plénitude quand elle est donnée.
Ici, la méditation se fait louange et action de grâce, et
en même temps elle nous incite à imiter Jésus et à suivre ses traces (cf. 1P
2,21).
Nous sommes, nous aussi, appelés à donner notre vie pour
nos frères, réalisant ainsi dans la plénitude de la vérité le sens et le
destin de notre existence.» (Evangelium vitae Nº51)
"Ceci est mon corps". Ce n'est pas par hasard que les mêmes
mots sont utilisés pour des buts aussi différents. Il y a là un conflit
spirituel. Nous vainquons, dans nos vies et dans le monde, en vivant ces mots au
travers de l'amour qui se donne, de l'amour qui donne la vie.