LE MENSONGE ORIGINEL
DERRIÈRE L'AVORTEMENT
(
The Original Lie Behind
Abortion)
Affirmer que l'avortement ne peut être vaincu que par le Christ et son
Église n'est pas simplement une pieuse platitude et ce n'est pas non plus une
façon particulière de dire: « Jésus, aide-nous à combattre l'avortement ». Il
faut plutôt y voir quelque chose concernant la nature même du Christ et de
l'Église et les raisons pour lesquelles l'avortement continue à être pratiqué au
rythme alarmant de 300 par jour rien qu'au Canada.
Le Christ détruit l'œuvre de Satan
Il y a bien des façons de présenter le but de la mission
du Christ dans le monde. Saint Jean le résume dans sa première lettre en
disant que le Fils de Dieu a paru « pour détruire les œuvres du diable » (1
Jn 3.8). Quelles sont les « œuvres du diable » que le Christ détruit? Le
Christ lui-même nous dit du diable que, « Dès le commencement il s'est
attaché à faire mourir l'homme; il ne s'est pas tenu dans la vérité parce
qu'il n'y a pas en lui de vérité. Lorsqu'il profère le mensonge, il puise
dans son propre bien parce qu'il est menteur et père du mensonge » (Jn
8.44). Dans le même souffle, Notre Seigneur appelle le diable un menteur et
un meurtrier. Les mensonges et le meurtre vont de pair. La seule raison pour
laquelle l'avortement peut continuer à ce rythme effrayant, c'est parce
qu'il est couvert de mensonges, enrobé de dénégations et de déformations de
la vérité. Le Christ est venu détruire l'œuvre du diable. « Je suis la voie,
la vérité et la vie. » (Jn 14.6). Il est la voie qui mène au salut
précisément parce qu'il est la vérité qui démasque les mensonges du diable
et parce qu'il est la vie qui détruit son œuvre de mort.
Un menteur et un meurtrier
depuis le commencement
Nous voyons le diable puiser dans son propre bien les
mensonges et le meurtre dès les premières pages de la Bible. Adam et Ève
savaient qu'ils pouvaient manger du fruit de tous les arbres du jardin, sauf de
l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Dieu les a mis en garde, « car le
jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Gn 2.17). Qu'y a-t-il de mal
à connaître le bien et le mal? Ne sommes-nous pas censés connaître la différence
entre le bien et le mal? Cela ne fait-il pas partie de notre éducation
religieuse et morale? N'est-ce pas faute de connaître la différence entre le
bien et le mal que surgissent tant de problèmes? Pourquoi alors fallait-il que
nos premiers parents évitent de manger de cet arbre-là?
C'est que la « connaissance du bien et du mal » ne signifie pas ici
simplement « connaître ». Cela veut dire que Adam et Ève penseraient qu'ils
pourraient eux-mêmes décider de ce qui est bien ou mal et que ce serait à eux de
déterminer ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, qu'ils fixeraient les normes
de la moralité. Voilà la tentation originelle. « Ce qui est bien ou mal pour moi
dépend de moi... Ce qui est bien ou mal pour vous dépend de vous... Ne m'imposez
pas votre moralité... Je veux créer mes propres valeurs... Je n'ai de compte à
rendre à personne qu'à moi-même. » En d'autres termes, tout dépend de mon choix
personnel. Le péché originel consiste à donner la préférence au choix sur le
bien et la vérité, à abuser de la liberté en essayant de déterminer ce qui est
bien plutôt que de s'y soumettre. Dans son encyclique Veritatis Splendor
(La splendeur de la vérité, 6 août 1993), le Pape Jean-Paul II fait un
commentaire du chapitre 2.16-17 de la Genèse: « Par cette image, la Révélation
enseigne que le pouvoir de décider du bien et du mal n'appartient pas à l'homme
mais à Dieu seul. Assurément, l'homme est libre (...) Mais cette liberté n'est
pas illimitée: elle doit s'arrêter devant 'l'arbre de la connaissance du bien et
du mal' » (VS 35).
En nous rebellant contre la vérité de la loi morale, nous mourons. Dieu a
prévenu Adam et Ève qu'ils mourraient sûrement s'ils désobéissaient. Le diable a
dû leur mentir pour introduire la mort dans le monde. Le menteur originel s'est
approché de la femme originelle en lui présentant le mensonge originel: « 'Pas
du tout! Vous ne mourrez pas' Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez,
vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et
le mal. » (Gn 3.4-5) Ève a accepté ce mensonge, tout comme Adam, et ils ont
commis le péché originel. Sur les talons de ce mensonge, la mort est entrée dans
le monde.
Babel: le mensonge continue
Le mensonge a continué avec la tour de Babel, à
Babylone. Il est intéressant de noter que bäb-ili signifie « porte
des dieux ». Nous voyons ici encore les humains essayer de se hausser
jusqu'à devenir Dieu. « Allons! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le
sommet pénètre les cieux! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur
toute la terre » (Gn 11.4). « Faisons-nous... », dirent-ils, oubliant que
c'est Dieu qui a dit, « Faisons l'homme... » (Gn 1.26).
Voyant leur manque de mémoire et leur orgueil, Dieu dit, « ... tel est le
début de leurs entreprises! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour
eux » (Gn 11.6). Dieu ne disait pas qu'il se sentait menacé. Il disait qu'un
peuple qui a accepté le mensonge de pouvoir décider seul du bien et du mal
pensera qu'il peut faire n'importe quoi et que, ce faisant, il se détruira
lui-même. Le mensonge originel perpétué ne peut que perpétuer la mort. C'est
dans sa miséricorde et son amour infinis que Dieu a pu dire, « Allons!
Descendons! Et là, confondons leur langage pour qu'ils ne s'entendent plus les
uns les autres » (Gn 11.7). Mieux vaut qu'ils soient dispersés par
l'intervention de Dieu que précipités sur les rochers de leur propre orgueil!
Dieu n'a confondu leur langage qu'après qu'ils eurent eux-mêmes confondu le leur
en proférant le mensonge qu'ils pouvaient eux-mêmes se faire un nom plutôt que
de se soumettre au nom (la vérité) de Dieu.
Babel revisitée
Ce mensonge se perpétue de nos jours et il est en fait
devenu la politique officielle du Canada. Nos propres loi ont décidé que
l'enfant à naître ne devait même pas être considéré comme « une personne ».
C'est véritablement incroyable! Nous ne pouvons même pas décider du temps
qu'il va faire et on s'attend à ce que nous décidions de l'existence
elle-même! Nous vivons dans un univers que nous n'avons pas créé, et on nous
déclare cependant les créateurs du sens de cet univers! Nous ne nous sommes
pas donné la vie, mais nous avons cependant la liberté de définir le sens de
la vie! Tout cela est non seulement absurde mais terriblement familier :
« Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
« Faisons-nous un nom. » « La porte des dieux ». Peut-être faudrait-il
rebaptiser la décision de la Cour suprême « Babel revisitée ».
L'avortement habillé de mensonges
Le mensonge originel conduit au massacre actuel des
bébés par avortement. On dit à la mère : « C'est votre choix. C'est votre
liberté. C'est votre corps. Personne n'a le droit de vous imposer sa
moralité. » C'est le mensonge qui dit que le choix prévaut sur la vie
elle-même.
L'avortement continue également grâce à de nombreux autres mensonges. On
ment aux femmes concernant la nature du bébé qui se développe et sur les effets
de l'opération elle-même. Voici ce qu'écrit à ce sujet Carol Everett, elle-même
victime de l'avortement et qui a déjà été pourvoyeuse d'avortement : « Comme
tant d'autres, j'ai accepté ce gros mensonge : ce n'est qu'une boule de tissus,
pas un bébé. J'ai été victime de tous les autres mensonges : L'avortement n'est
pas un problème. Après tout, j'en pratique tout le temps. Ce sera très simple.
C'est seulement une boule de tissus. La procédure n'est pas compliquée; ça ne
prendra qu'un petit moment et puis tout ira bien. Vous pouvez avoir l'avortement
le vendredi matin et retourner au travail le lundi suivant. (The Scarlet
Lady, p. 101). Le personnel des centres d'avortement était formé pour donner
le moins d'information possible afin que les femmes ne sachent pas la vérité.
L'Elliot Institute de Springfield (Illinois) fait de la recherche sur les
effets de l'avortement sur les femmes et rassemble des études de cas dans
lesquelles les femmes décrivent ce qui les a conduites à l'avortement et les
conséquences qui s'ensuivirent. Les uns après les autres, ces cas montrent
qu'elles ont été victimes de mensonges et de demi-vérités. Le Dr Bernard
Nathanson, ancien avorteur et cofondateur de la National Abortion Rights Action
League admet volontiers que les premières campagnes pour la généralisation de
l'avortement en Amérique étaient marquées par le mensonge. À présent fervent
défenseur du droit à la vie, le Dr Nathanson écrit : « De combien de morts
parlions-nous lorsque l'avortement était illégal?... 'C'était toujours de 5.000
à 10.000 par an'. Je confesse que je savais que ces chiffres étaient totalement
faux » (Aborting America! p. 193). On voit de plus en plus d'anciens
pourvoyeurs d'avortement qui viennent dire comment ils mentaient aux femmes
avant l'avortement et effaçaient les traces des avortements mal faits en
falsifiant les dossiers médicaux. Les mensonges continuent et le massacre
continue.
La splendeur de la vérité
La solution exige que nous portions bien haut la
vérité. La vérité est du côté de la vie. La vérité et la vie vont de pair.
Proclamons la vérité que l'enfant à naître est une personne humaine depuis
le moment de la conception; que l'amour de la femme exige l'amour de
l'enfant; qu'il existe des alternatives concrètes et porteuses de vie à
l'avortement; qu'il y a des conséquences négatives du point de vue physique,
psychologique et... spirituel à l'avortement; que le choix n'a jamais la
priorité sur la vie elle-même; et qu'on trouve la liberté en se soumettant à
la vérité morale qui vient de Dieu plutôt qu'en essayant nous-mêmes d'être
Dieu. Notre Saint-Père a offert à l'Église et au monde entier un solide
fondement de santé morale et de salut dans son encyclique Veritatis
Splendor. Le Christ nous offre l'unique voie du salut, c'est-à-dire
lui-même, car il est la vérité et la vie.
C'est en définitive le monde que nous sauvons de l'esclavage de
l'avortement et de tous les autres mensonges en portant bien haut le Christ.
« Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples, vous
connaîtrez alors la vérité et la vérité vous fera libres » (Jn 8..31-32).