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Testimonies

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Le temps passe, pas la souffrance
Emeline
 
     
J’ai choisi  d’avoir recours à l’avortement en 1969 à 19 ans. Comment ?
Il y avait, dans le vocabulaire de l’époque, les expressions « faiseuse d’anges », faire passer le bébé…. Très mystérieuses, ces  images adoucies.
           
17 ans, ma première expérience sexuelle, mon petit ami a au moins 13 ans de plus que moi. Il me dit « Si tu ‘tombais enceinte‘, tu pourras avorter. »  Je n’en ai pas eu besoin nous avons rompu avant.  
                
Finalement, c’est un petit ami à qui je commence à m’attacher à 19 ans qui aurait pu faire de moi une mère si je n’avais pas été aussi éprise de liberté. Je me suis esquivée en laissant seulement un mot où je lui disais très succinctement que je n’avais pas l’intention de faire de lui un père. Bien des années plus tard, il me dira qu’il a d’autant plus souffert, qu’il n’a pas eu d’enfants.
.
Comment faire pour avorter en toute sécurité quand l’avortement est interdit en France ?  C’est simple, il suffit de faire comme une amie qui l’a fait avant moi, et je pars à l’étranger. Je pars à l’étranger pour des « vacances », en auto stop prévoyant d’utiliser l’argent du voyage pour «l’intervention ».
Pour moi, ça sera la Pologne. Une jeune femme trouve un gynécologue. C’est bien évidemment un mercenaire qui nous fait venir à son cabinet dans une charmante petite maison à la tombée de la nuit. « C’est illégal … ». L’anesthésie, un gaz qui insensibilise efficacement, me laisse consciente, bien qu’hallucinogène. Comme d’habitude, je veux saisir la réalité et à la fin du curetage, je demande « à voir » .Le praticien me montre ce que j’identifie comme un membre. Nous regagnons le studio où je vais passer les trois prochains jours. Nous sommes  en juin, il fait beau et après 24 h de repos absolu, j’ai le droit de sortir et je vais au jardin public, tout près. Après quelques minutes et quelques pas dans les allées, un papa, une poussette, … un enfant ! « J’ai tué mon enfant !»

Je me marie près d’un an après. Quelques mois d’angoisse, j’avoue à mon mari ce que j’ai fait. Notre ciel reste bleu ! Quelques mois encore et nous partons nous installer aux U. S. A.  Quelques mois encore, serais-je enceinte ? Je contacte une clinique qui fait des tests de grossesse gratuits. Quand je vais chercher le résultat, une jeune femme me reçoit dans son bureau. Si j’en crois son discours je n’aurais jamais de quoi  accueillir un bébé (le mobilier, etc.), élever un enfant est non seulement cher mais aussi difficile. Elle me propose un avortement ! « A quoi a-t-elle vu que je ne saurais être mère ? »  Je porterais ce pan de souffrance en plus pendant des années jusqu’à ce qu’une amie m’explique que « ces » cliniques proposent des tests gratuits pour attirer des femmes en difficulté.

Pour le présent j’ai quelques amies enceintes aussi. Ma grossesse se passe mal, je perds du sang, je vomis, je perds du poids et finalement  au 5e mois, après une nuit de contractions, je perds mon enfant à l’hôpital alors que le gynécologue de garde me pose des questions. Mes seins se gonflent et coulent. Je souffre. Comment aurais-je pu être mère, moi qui ai tué mon enfant ? Les ventres de mes amies s’arrondissent. Je souffre. Comment aurais-je pu être mère, moi qui ai tué mon enfant ?

Je n’aurai pas d’enfant. Le temps passe, pas la souffrance.  Avec la maturité, et la fertilité qui s’amenuise, elle redouble plutôt. Il suffit d’un titre dans les journaux, défense de l’avortement, manifestations contre l’avortement, attaques de cliniques, mouvements « pro vie », violences. Un vrai calvaire.

Finalement j’ai mal en permanence. Cela dure des années. Au cours d’une visite chez elle, ma mère me confie qu’enceinte de moi, elle a tenté de mettre fin à cette grossesse non désirée en se précipitant dans les escaliers, elle était si désespérée !

Au début des années 90, divorcée et revenue en France, j’entends parler d’une association  AGAPA,  proposant des parcours pour les femmes souffrant de traumatisme post-avortement, les compagnons de ces femmes et les enfants souffrant de syndrome du survivant.

L’approche est non confessionnelle. Le parcours, seule ou en binôme, se fait sur quelques semaines . Il y a des visualisations qui permettent de rencontrer son enfant, de lui donner un prénom  …  Pour moi, une vraie délivrance mais la réalité du passé demeure.

Rompre le silence, pour moi c’est l’espoir de faire que d’autres le rompent aussi, de faire que d’autres femmes, hommes et enfants survivants n’aient pas à souffrir, de mettre fin à la répétition de la violence, à l’aveuglement ou au mensonge.

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